donga"Aux confins de l'Ethiopie, du Kenya et du Soudan, la basse vallée de l'Omo est encore un monde perdu, qui pourrait ne pas figurer sur les cartes. Loin de toute capitale, éprouvante sur le plan climatique, car proche de l'équateur et située dans la dépression du Rift, cette contrée demeure l'une des plus sauvages de l'Afrique. C'est avec un scénario en tête - baptisé l'"East Side Story" par l'anthropologue Yves Coppens - que je suis parti à la découverte de cette région et des tribus qui y vivent depuis des temps immémoriaux. C'est avec l'envie de photographier ses habitants, gardiens malgrè eux de notre patrimoine commun, que j'ai donc pris la décision de me rendre là-bas.

Une quinzaine de tribus nomades ou semi-nomades se partagent un territoire grand comme deux fois la Belgique et j'ai surtout travaillé chez les Mursi, les Hammer, les Karo, les Surma... Ce sont des éleveurs (vaches, chèvres). Ils vivent dans des hameaux en évitant les concentrations. Ce sont des guerriers et avec la guerre civile au proche Soudan, ces tribus ont connu les Kalachnikovs pratiquement avant même d'avoir vu leurs premiers blancs. Ni l'esclavage ni la colonisation n'ont en effet atteint cette partie du continent noir.

Pour les Surmas, le Donga est un jour de fête. Ce grand festival de lutte marque traditionnellement la fin des récoltes, l'assurance d'une année de subsistance et la pérennité du clan. Durant le Donga, les villages alentour rassemblent leurs hommes en âge de procréer afin de parader, d'exalter leur beauté et leur force auprès des villageoises. Virilité, force et beauté sont poussées à leur paroxysme. On se bat, on se blesse, on meurt parfois, mais on séduit... Jeunes femmes et hommes s'unissent parfois pour une nuit, parfois pour une vie".

Hans Silvester

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Des peintures corporelles préliminaires aux rites de séduction, en passant par la lutte elle-même, Hans Silvester nous invite à découvrir ce spectacle puissant, venu d'un autre âge, le Donga.










Visite de l'exposition :